Guide pratique • Réglementation 2026

Le guide de l’autoconsommation collective

Fonctionnement, périmètre, PMO, Enedis, clés de répartition, contrats, surplus, stockage, coûts et étapes : l’essentiel pour comprendre et structurer un projet ACC en France.

Mis à jour en octobre 2026 • Vérification sur Code de l’énergie, Légifrance, Enedis et CRE
2 kmPérimètre standard de l’ACC étendue
5 MWPuissance cumulée max. en métropole continentale
10 / 20 kmDérogations possibles en zones périurbaines / rurales
1 PMOStructure qui relie et organise les participants

1. Qu’est-ce que l’autoconsommation collective ?

L’autoconsommation collective, ou ACC, permet à un ou plusieurs producteurs de partager une production d’électricité avec plusieurs consommateurs situés dans un périmètre réglementaire défini.

En pratique : les panneaux photovoltaïques injectent sur le réseau public. Enedis ou l’ELD mesure les flux et affecte une part de la production à chaque consommateur selon les règles définies par l’opération.

Les principales formes d’opération

ACC patrimoniale

Une même entité produit et consomme sur plusieurs sites : commune, entreprise multi-sites, patrimoine immobilier, etc.

ACC ouverte

Plusieurs personnes ou entreprises différentes achètent ou reçoivent une électricité produite localement.

ACC sociale

Un bailleur peut partager une production avec ses locataires dans le cadre spécifique prévu par le Code de l’énergie.

Montage mixte ACI + ACC

Un producteur peut d’abord consommer sur son propre site puis affecter une partie de la production disponible à l’opération collective, sous réserve du montage retenu.

2. Comment fonctionne une opération ACC ?

1

Production

Une ou plusieurs installations produisent de l’électricité.

2

Comptage

Les compteurs mesurent production et consommations.

3

Répartition

La production est répartie selon les coefficients définis.

4

Complément

Le fournisseur habituel fournit ce que l’ACC ne couvre pas.

Le consommateur conserve donc son contrat de fourniture pour son complément. S’il n’y a pas assez de soleil, il continue à être alimenté normalement.

Mesure au pas de 15 minutes

Production et consommation sont comparées au même pas de mesure. L’énergie locale n’est affectée que lorsqu’il y a simultanément production et consommation.

Deux flux de facturation

Le consommateur peut recevoir une facture pour l’énergie locale et une autre de son fournisseur habituel pour le complément restant.

3. Le cadre réglementaire en 2026

Périmètre standard : 2 km

Pour une ACC étendue, la distance entre les deux participants les plus éloignés est en principe limitée à 2 km.

Puissance : moins de 5 MW

En métropole continentale, la puissance cumulée des installations de production doit rester inférieure à 5 MW. Pour le solaire, on retient la puissance crête.

Dérogation jusqu’à 10 km

Une demande motivée peut permettre une extension jusqu’à 10 km lorsque l’ensemble des participants est situé sur des communes rurales ou périurbaines éligibles.

Jusqu’à 20 km en rural

Pour les projets exclusivement situés sur des communes rurales, la distance maximale peut être portée à 20 km dans les conditions prévues par l’arrêté.

Électricité renouvelable

Depuis l’évolution législative de 2025, une ACC étendue alimentée en électricité renouvelable peut avoir des points situés sur le réseau public de distribution. Les configurations particulières doivent être validées avec le GRD.

Nouveauté 2026 : répartition ex ante

Pour les nouvelles conventions relevant du régime applicable depuis le 1er juillet 2026, les coefficients de répartition doivent être transmis selon les nouveaux délais fixés par la réglementation et la documentation du gestionnaire de réseau.

À surveiller : de nouvelles règles de maximisation de l’autoconsommation sont prévues à compter du 1er juillet 2027. Un projet lancé en 2026 doit donc anticiper son fonctionnement futur.

4. Pour qui et quels bénéfices ?

Producteur

Mieux valoriser une production locale, diversifier ses débouchés et sécuriser une relation directe avec des consommateurs proches.

Consommateur

Accéder à une énergie locale sans devoir investir dans sa propre centrale et stabiliser une partie du coût de l’électricité.

Collectivité / territoire

Relocaliser la valeur énergétique, créer un projet visible et associer entreprises, habitants ou équipements publics.

Producteur-consommateur

Un même acteur peut autoconsommer une partie de sa production sur site et partager le reste avec d’autres participants, selon le montage retenu.

Point important : la centrale n’a pas besoin d’être déjà construite pour commencer à structurer l’ACC. Il est possible de développer en parallèle la production, le raccordement et le collectif de consommateurs.

5. Qui fait quoi ?

Producteur

Produit l’électricité et organise sa vente ou sa mise à disposition dans l’opération.

Consommateur

Achète ou reçoit une part d’énergie locale et conserve son fournisseur pour le complément.

PMO

Relie les participants, formalise l’opération et dialogue avec le gestionnaire de réseau.

Enedis / ELD

Mesure les flux, applique la répartition et met à disposition les données correspondantes.

Pré requis opérationnel : les sites participants doivent être raccordés au réseau public de distribution concerné et disposer d’un comptage communicant permettant la remontée des courbes de charge nécessaires à l’ACC.

6. La PMO : forme juridique, statuts et gouvernance

La Personne Morale Organisatrice est le « chef d’orchestre » de l’opération. Tous les producteurs et consommateurs doivent être liés au sein d’une personne morale, sauf cas particuliers prévus par la loi.

Quelle forme juridique choisir ?

Association loi 1901

Très utilisée pour les opérations ouvertes : création relativement simple, souplesse des adhésions et gouvernance adaptée à un collectif local.

SAS / société commerciale

Peut convenir lorsque les participants souhaitent une structure économique plus formalisée ou lorsqu’il existe déjà une société porteuse.

SCIC / coopérative

Adaptée aux projets territoriaux ou citoyens souhaitant associer plusieurs catégories d’acteurs dans une gouvernance coopérative.

Collectivité / structure existante

Une structure existante peut parfois assurer le rôle de PMO si son statut et la composition de l’opération le permettent.

Copropriété

Une copropriété peut constituer la personne morale d’une opération dans certaines configurations, avec des règles de décision adaptées.

Bailleur social

Le Code de l’énergie prévoit un régime spécifique permettant au bailleur d’assurer directement le rôle de PMO avec ses locataires et, dans certains cas, des tiers.

Pour une association loi 1901, il faut prévoir au minimum : statuts, objet compatible avec l’ACC, règles d’adhésion et de sortie, gouvernance, représentation auprès d’Enedis, répartition des responsabilités, éventuelles cotisations ou frais de gestion, et modalités de décision sur les prix ou clés.

Les missions de la PMO

Avant le démarrage

Créer ou identifier la structure, faire adhérer les participants, recueillir leurs accords, préparer la convention Enedis et définir les règles de répartition.

Pendant l’exploitation

Gérer les entrées et sorties, transmettre les modifications au GRD, suivre les données, faire évoluer les clés et organiser la vie du collectif.

Facturation / mandat

Selon le montage, la PMO peut aussi recevoir un mandat de facturation ou s’appuyer sur un prestataire pour éditer les factures et suivre les paiements.

Traçabilité

Conserver les accords des participants, les versions de la convention, les décisions de gouvernance et les documents utiles en cas de contrôle.

Animation du collectif

Informer les participants, organiser les décisions utiles et maintenir une bonne compréhension des règles de partage et de facturation.

Outils de gestion

Tableau de bord, données mensuelles, API ou logiciel dédié peuvent faciliter les entrées / sorties, le suivi énergétique, la facturation et la traçabilité.

7. Quels documents faut-il signer, et entre qui ?

Une opération ouverte repose sur plusieurs relations juridiques différentes. Il ne faut pas tout mélanger : adhésion à la PMO, participation à l’ACC, données de comptage et vente d’électricité sont des sujets distincts.

Document
Qui signe ?
À quoi sert-il ?
Statuts de la PMO
Fondateurs / associés selon la forme juridique
Créer la personne morale et définir son fonctionnement.
Bulletin d’adhésion / souscription
Chaque participant ↔ PMO
Faire entrer officiellement le producteur ou consommateur dans la PMO.
Accord de participation à l’ACC
Chaque participant ↔ PMO
Autoriser son intégration à l’opération et confirmer les informations de son point de livraison.
Autorisation de collecte / utilisation des données
Chaque participant → PMO / GRD selon le dispositif
Permettre l’utilisation des courbes de charge nécessaires au calcul de la répartition.
Convention ACC
PMO ↔ Enedis / ELD
Déclarer officiellement l’opération, ses participants, ses règles et ses modalités d’échange de données.
Contrat de vente d’électricité locale
Producteur ↔ consommateur
Fixer prix, durée, facturation, évolution du tarif, sortie et responsabilités.
Contrat d’accès au réseau du producteur
Producteur ↔ gestionnaire de réseau
Encadrer l’injection et l’accès au réseau public.
Contrat de fourniture de complément
Consommateur ↔ fournisseur
Garantir l’alimentation pour la partie non couverte par l’énergie locale.
Contrat de valorisation du surplus
Producteur ↔ acheteur / responsable d’équilibre
Valoriser l’électricité non affectée aux consommateurs de l’ACC.
Mandat de facturation / prélèvement
Selon le montage : producteur / PMO / prestataire / consommateur
Automatiser l’édition des factures et éventuellement le recouvrement.
Dans une opération ouverte associative, on retrouve souvent au moins trois documents par participant : bulletin d’adhésion, accord de participation / données, puis contrat de vente d’électricité lorsqu’il y a une vente entre un producteur et ce consommateur.

8. Les clés de répartition

Les coefficients déterminent quelle part de la production disponible est affectée à chaque consommateur, à chaque pas de mesure.

  • Pourcentage défini à l’avance pour chaque consommateur.
  • Simple à expliquer et à contractualiser.
  • Peut être moins performant lorsque les profils changent fortement.
  • Les coefficients peuvent varier selon les pas de mesure.
  • Permet d’adapter la répartition aux profils de consommation.
  • Nécessite une gestion plus fine des données et des règles.
  • Enedis peut appliquer une répartition au prorata des consommations lorsque le dispositif choisi le prévoit.
  • Solution simple pour certains collectifs.
  • À comparer avec une stratégie de répartition optimisée.
  • Depuis le 1er juillet 2026, les modalités de transmission des coefficients ont évolué pour les nouvelles conventions concernées.
  • Les coefficients sont communiqués en amont selon les délais de la documentation technique du GRD.
  • La réglementation permet également, lorsque la documentation du GRD le prévoit, des mécanismes fondés sur un ordre de priorité d’affectation.

9. Vente, contrats & facturation

Convention PMO / Enedis

Elle formalise l’opération, les participants, les points de livraison, les responsabilités et les modalités de répartition.

Contrat producteur / consommateurs

Lorsque l’électricité locale est vendue, il faut fixer prix, durée, indexation, facturation, sortie et responsabilités.

Fourniture de complément

Chaque consommateur conserve un contrat avec son fournisseur pour la part non couverte par l’énergie locale.

Acheteur du surplus

Le producteur doit prévoir la valorisation de l’électricité qui n’est pas consommée dans l’opération.

Le gestionnaire de réseau calcule les volumes affectés ; la facturation de l’énergie locale entre participants reste à organiser dans le montage contractuel de l’opération.

Concrètement pour le consommateur : la part d’énergie locale est valorisée selon le contrat conclu avec le producteur, tandis que son fournisseur habituel facture le complément après prise en compte des volumes d’ACC transmis par le gestionnaire de réseau.

Que prévoir dans le contrat de vente locale ?

Prix & indexation

Prix HT du kWh, date d’effet, formule éventuelle de révision et information en cas de changement.

Durée & sortie

Durée d’engagement, préavis, résiliation, changement de locataire ou fermeture d’un site.

Volumes

Préciser s’il existe ou non un engagement de volume. De nombreux projets solaires ne garantissent pas un volume fixe.

Facturation

Périodicité mensuelle, trimestrielle ou autre, données utilisées, délai de paiement et traitement des impayés.

Taxes

Identifier clairement les taxes et obligations de déclaration applicables au producteur / vendeur d’électricité.

Changement de situation

Prévoir ce qui se passe en cas de modification réglementaire, de sortie de l’ACC ou d’indisponibilité de la centrale.

10. Données de comptage, consentements et RGPD

L’ACC fonctionne grâce aux courbes de charge. Avant l’intégration d’un participant, les accords nécessaires à l’utilisation et à la transmission de ses données doivent être recueillis et conservés.

Accord du participant

La PMO doit pouvoir démontrer que le participant a accepté l’opération et le traitement nécessaire de ses données, sauf régime spécifique prévu par la loi.

Conservation des justificatifs

Les accords et autorisations doivent être archivés afin de pouvoir répondre à une demande de contrôle.

Entrées / sorties

À chaque changement de participant, la PMO transmet la modification au gestionnaire de réseau et met à jour ses documents internes.

Données mensuelles / API

Enedis met à disposition des données de fonctionnement de l’opération, un tableau de bord et des interfaces API pouvant faciliter les échanges de données et certaines mises à jour.

11. TURPE, accise, TVA et fiscalité

L’énergie locale de l’ACC utilise le réseau public : il faut donc distinguer ce qui relève de l’acheminement, de l’accise et de la facturation commerciale.

TURPE côté consommateur

L’utilisation du réseau reste prise en compte. Des options tarifaires spécifiques peuvent exister selon la configuration électrique du collectif.

TURPE côté producteur

Le producteur reste soumis aux composantes liées à son contrat d’accès au réseau pour l’injection.

Accise : tarif nul possible

Depuis la loi de finances pour 2025, l’électricité renouvelable produite par une installation de moins de 1 MW et consommée dans une opération d’autoconsommation collective peut bénéficier d’un tarif nul d’accise lorsque les conditions légales sont remplies.

ACC étendue également concernée

Le Conseil d’État a confirmé le 30 mars 2026 que le tarif nul n’est pas réservé aux opérations avec liaison physique directe : il peut aussi s’appliquer aux opérations d’ACC étendue respectant les conditions prévues par la loi.

Ce que cela ne supprime pas

Tarif nul d’accise ne signifie pas facture sans coût réseau : le TURPE, les autres composantes applicables et le complément fourni par le fournisseur habituel restent à prendre en compte.

TVA & comptabilité

La vente d’électricité locale reste une activité à traiter correctement en matière de TVA, facturation et comptabilité selon la situation du producteur, de la PMO et des participants.

Conditions principales du tarif nul d’accise : énergie renouvelable, puissance installée du site de production inférieure à 1 MW — puissance crête pour le photovoltaïque — et électricité consommée par le producteur ou par les consommateurs participant à l’ACC.
Décision importante de 2026 : le Conseil d’État a annulé l’ancienne doctrine qui exigeait une « connexion physique directe » entre production et consommation. Le BOFiP correspondant a ensuite été retiré le 13 mai 2026.

12. Que devient le surplus ?

Lorsque la production disponible dépasse la consommation du collectif, le surplus n’est pas perdu. Il doit être valorisé selon un contrat adapté au producteur : obligation d’achat si le projet y est éligible, acheteur de marché ou autre dispositif applicable.

Exemple :
100 kWh produits
→
70 kWh partagés
+
30 kWh de surplus

13. Peut-on intégrer une batterie ?

Oui. Le Code de l’énergie prévoit explicitement le stockage dans une opération ACC.

Pendant la charge

La quantité stockée est considérée comme une consommation de l’opération.

Pendant la décharge

La quantité déstockée est considérée comme une production de l’opération.

Le stockage doit donc être intégré au schéma de comptage, à la convention et à la stratégie de répartition. Il faut aussi vérifier les conséquences sur le raccordement, le contrat d’achat éventuel et la conformité électrique.

14. Quand une ACC est-elle économiquement intéressante ?

La rentabilité ne dépend pas seulement de la quantité d’électricité produite. Il faut croiser production et consommation au bon pas de temps.

Pour le producteur

Prix local de vente, taux de valorisation dans l’ACC, surplus, CAPEX, OPEX, raccordement et frais de gestion.

Pour le consommateur

Comparer le prix de l’énergie locale au coût réel du fournisseur, en intégrant le TURPE et, lorsque les conditions sont remplies, l’avantage lié au tarif nul d’accise.

TURPE

L’énergie qui transite par le réseau public reste soumise aux règles d’acheminement. Des options spécifiques existent dans certaines configurations, notamment lorsque tous les participants sont en aval d’un même poste HTA/BT.

Gestion de l’opération

PMO, facturation, données, comptabilité, changements de participants et éventuels outils numériques ont un coût à intégrer.

15. Aides et financement des études

Les aides varient beaucoup selon la région, le type de porteur de projet et l’année. Elles doivent être recherchées avant d’engager les dépenses lorsque le dispositif l’exige.

Aides aux études

ADEME, Régions, syndicats d’énergie ou fonds européens peuvent ponctuellement soutenir les études de faisabilité ou l’ingénierie.

Aides à l’investissement

Certaines collectivités ou appels à projets soutiennent les centrales, ombrières, outils de pilotage ou projets énergétiques territoriaux.

Appels à projets

Un projet ACC peut également s’inscrire dans un programme territorial, citoyen ou de transition énergétique.

Attention à l’éligibilité

Une aide ancienne ne doit jamais être présentée comme encore disponible. Il faut contrôler le guichet et la date avant toute communication commerciale.

Exemple : l’ADEME a déjà financé des études de faisabilité photovoltaïques à des taux pouvant varier selon la taille et la nature du bénéficiaire, mais les guichets et conditions évoluent. Une vérification actualisée est indispensable.

16. Les étapes pour monter un projet ACC

1

Définir l’objectif

Valoriser une centrale, réduire les factures, sécuriser un prix local ou créer une boucle énergétique territoriale.

2

Identifier les participants

Rechercher des consommateurs aux profils complémentaires, vérifier leurs courbes de charge, leur compteur et leur localisation.

3

Faire l’étude technico-économique

Simulation au pas de mesure, production / consommation, taux de partage, prix local, surplus et rentabilité — même si la centrale est encore en développement.

4

Structurer la PMO

Choisir la structure, organiser la gouvernance et encadrer les relations entre participants.

5

Définir les clés

Choisir la méthode de répartition adaptée aux profils et aux objectifs économiques.

6

Contractualiser

Convention Enedis, contrats entre participants, complément et valorisation du surplus.

7

Mettre en service

Valider les points de comptage, données et paramètres nécessaires au démarrage.

8

Piloter dans la durée

Suivre les volumes, factures, coefficients, entrées / sorties et performance réelle.

17. Après la mise en service : gérer l’opération dans la durée

Une ACC n’est pas terminée le jour de son démarrage. Il faut organiser son exploitation administrative, énergétique et financière.

Au quotidien : la PMO suit les participants et les règles de l’opération ; Enedis relève les courbes de charge, calcule les quotes-parts d’énergie locale et transmet les volumes utiles. Un outil de gestion peut ensuite automatiser une partie du suivi et de la facturation.
1

Récupérer les données

Production, consommation, énergie affectée et surplus.

2

Éditer les factures

Appliquer le prix contractuel et la périodicité prévue.

3

Gérer les paiements

Recouvrement, prélèvement éventuel et traitement des impayés.

4

Faire évoluer les clés

Adapter la répartition aux consommations et aux nouveaux participants.

5

Entrées / sorties

Adhésion, accords, contrats et mise à jour auprès du GRD.

6

Piloter la performance

Suivre taux d’autoconsommation, taux de couverture, surplus et équilibre économique.

18. Les points de vigilance

Ne pas dimensionner sur l’énergie annuelle seule

Deux sites peuvent avoir la même consommation annuelle mais des courbes de charge très différentes.

Vérifier le périmètre avant de promettre

La distance, le gestionnaire de réseau et la configuration électrique doivent être contrôlés au cas par cas.

Prévoir les sorties de participants

Un locataire, un commerce ou une entreprise peut quitter le collectif. Les règles doivent l’anticiper.

Ne pas oublier le surplus

Une mauvaise stratégie de surplus peut dégrader fortement l’équilibre économique du producteur.

Prévoir les coûts de gestion

Facturation, données, comptabilité et PMO ne doivent pas être découverts après la mise en service.

Suivre les évolutions réglementaires

Les règles de répartition ont changé en 2026 et continueront d’évoluer en 2027.

Exemple : ce qui se passe sur un quart d’heure

Production : 40 kWh
→
Consommation collective : 30 kWh
→
30 kWh répartis
+
10 kWh de surplus

Les 30 kWh sont affectés entre les consommateurs selon la clé applicable à ce pas de mesure. Si un consommateur a encore besoin d’électricité après cette affectation, son fournisseur habituel couvre automatiquement le complément.

20. Questions fréquentes

Non. Le fournisseur habituel continue de couvrir la partie de consommation qui n’est pas fournie par l’ACC.
Non. Le partage s’appuie sur le réseau public de distribution et sur les données de comptage.
Oui. Une opération peut associer plusieurs installations de production et plusieurs consommateurs, sous réserve de respecter le cadre applicable.
Oui, selon le type de coefficients retenu et les modalités de transmission prévues par la convention et la documentation du gestionnaire de réseau.
Oui. La réglementation prévoit le stockage : la charge est traitée comme une consommation et la décharge comme une production au sein de l’opération.
Oui, sous réserve du contrat et du dispositif de valorisation applicable au producteur. Ce point doit être prévu dès le montage économique.
Oui, sous conditions. L’électricité doit notamment être renouvelable, provenir d’une installation de moins de 1 MW — puissance crête pour le photovoltaïque — et être consommée dans le cadre de l’ACC. Le Conseil d’État a confirmé en 2026 que les ACC étendues peuvent aussi être concernées.

Sources réglementaires principales

Références vérifiées pour cette version du guide :

• Code de l’énergie – chapitre relatif à l’autoconsommation
• Arrêtés et décrets applicables au périmètre, à la puissance et aux clés de répartition
• Modèle de convention et documentation de mise en œuvre Enedis
• Documentation CRE relative au TURPE
• Doctrine fiscale DGFiP / BOFiP applicable à l’électricité et décision du Conseil d’État du 30 mars 2026 sur le tarif nul d’accise en ACC
•
• Dispositifs ADEME et territoriaux, vérifiés au cas par cas selon leur période d’ouverture

Les règles peuvent évoluer. Pour un projet réel, la vérification doit être faite à la date de conventionnement et de mise en service.

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